Réglementation

    Heures supplémentaires 2027 : majoration et défiscalisation

    Majoration de 25 % puis 50 %, calcul, plafond d'exonération de 7 500 € que les députés veulent porter à 15 000 € en 2027, cotisations et forfait jours.

    24 min de lecture
    Partager
    Heures supplémentaires 2027 : majoration et défiscalisation

    En 2027, les heures supplémentaires restent majorées de 25 % pour les huit premières heures de la semaine et de 50 % au-delà, sauf accord collectif qui peut fixer un autre taux sans descendre sous 10 % (articles L. 3121-33 et L. 3121-36 du Code du travail). Leur rémunération est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € net par an. L'Assemblée nationale a adopté le 15 octobre 2026 un amendement qui porterait ce plafond à 15 000 € pour les sommes perçues à partir du 1er janvier 2027, mais cette mesure ne sera acquise qu'avec la promulgation de la loi de finances pour 2027.

    Côté cotisations sociales, le salarié bénéficie d'une réduction de ses cotisations d'assurance vieillesse qui peut atteindre 11,31 % du salaire des heures, et l'employeur d'une déduction forfaitaire de 1,50 € par heure sous 20 salariés et de 0,50 € au-delà, ouverte à toutes les entreprises depuis le 1er janvier 2026. Ce guide détaille le calcul, le contingent et les repos, le gain réel selon votre salaire, le coût pour l'employeur, les règles des cadres et des salariés à temps partiel, puis le calendrier du budget 2027.

    L'essentiel

    • Sans accord collectif, les huit premières heures supplémentaires de la semaine sont majorées de 25 % et les suivantes de 50 %.
    • Le contingent légal est de 220 heures par an ; au-delà, chaque heure ouvre droit en plus à une contrepartie obligatoire en repos.
    • Les heures supplémentaires sont exonérées d'impôt jusqu'à 7 500 € net par an, soit environ 8 037 € brut pour un salarié non cadre.
    • L'amendement adopté le 15 octobre 2026 porterait ce plafond à 15 000 € en 2027, sous réserve du vote du budget et de sa promulgation.
    • Un salarié au SMIC reste sous le plafond actuel même à 44 heures par semaine toute l'année : le relèvement vise les salaires plus élevés.

    Qu'est-ce qu'une heure supplémentaire ?

    Une heure supplémentaire est une heure de travail effectif accomplie à la demande de l'employeur au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine. Selon l'article L. 3121-28 du Code du travail, elle ouvre droit à une majoration de salaire ou, le cas échéant, à un repos compensateur équivalent.

    Les heures supplémentaires se décomptent par semaine (article L. 3121-29). Sauf accord collectif fixant une autre période de sept jours, la semaine commence le lundi à 0 heure et se termine le dimanche à 24 heures. Une heure de plus un lundi ne se compense donc pas avec une heure de moins la semaine suivante. L'exception concerne les entreprises qui aménagent le temps de travail sur une période plus longue que la semaine : les heures supplémentaires sont alors décomptées à la fin de la période, et ce sont les heures effectuées au-delà de 1 607 heures lorsque la période est annuelle (article L. 3121-41).

    La demande de l'employeur peut être implicite : selon la fiche officielle de Service-public sur les heures supplémentaires, vérifiée le 8 juin 2026, les heures sont dues lorsqu'elles ont été rendues nécessaires par les tâches confiées au salarié, ou lorsque l'employeur valide les heures enregistrées dans son logiciel de pointage. Le décompte dépend aussi des absences de la semaine : les heures de travail perdues à cause d'un jour férié chômé ne comptent pas comme du travail effectif, sauf convention ou usage contraire, ce qui intéresse les semaines du calendrier des jours fériés, alors que les jours de congés payés sont pris en compte lorsque la durée du travail est décomptée à la semaine.

    Quel est le taux de majoration des heures supplémentaires ?

    Le taux est fixé d'abord par un accord d'entreprise, à défaut par la convention de branche, sans pouvoir être inférieur à 10 %. En l'absence d'accord, la loi impose 25 % pour chacune des huit premières heures supplémentaires de la semaine, de la 36e à la 43e heure, et 50 % à partir de la 44e heure.

    L'article L. 3121-33 du Code du travail confie à « une convention ou un accord collectif d'entreprise ou d'établissement ou, à défaut, une convention ou un accord de branche » le soin de fixer le taux de majoration, en précisant que « ce taux ne peut être inférieur à 10 % ». Un accord d'entreprise s'applique donc même s'il prévoit un taux plus bas que celui de la branche. Les taux de 25 % et 50 % de l'article L. 3121-36 ne jouent qu'en l'absence de tout accord.

    La plupart des grandes conventions reprennent les taux légaux, mais fixent leur propre contingent. Le tableau suivant reprend les réponses publiées par le Code du travail numérique du ministère du Travail, mises à jour entre décembre 2025 et janvier 2026.

    Convention collective (IDCC)Majoration des heures supplémentairesContingent annuel
    Hôtels, cafés, restaurants (1979)10 % de la 36e à la 39e heure, 20 % de la 40e à la 43e, 50 % ensuite360 heures (établissements permanents)
    Bureaux d'études techniques, dite Syntec (1486)25 % de la 36e à la 43e heure, 50 % ensuite130 heures (employés, techniciens, agents de maîtrise), 220 heures (cadres)
    Bâtiment, ouvriers des entreprises de plus de 10 salariés (1597)25 % puis 50 %180 heures
    Métallurgie (3248)25 % puis 50 %220 heures
    Commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (2216)25 % puis 50 %180 heures
    Hospitalisation privée (2264)25 % de la 36e à la 42e heure, 50 % à partir de la 43e130 heures
    Organismes de formation (1516)25 % puis 50 %145 heures

    Un accord d'entreprise peut s'écarter de ces taux. Si vous ne connaissez pas votre convention, notre liste des conventions collectives explique comment la retrouver à partir de votre bulletin de paie ou du code APE.

    Comment calculer une heure supplémentaire ?

    Divisez le salaire mensuel brut par 151,67 heures pour obtenir le taux horaire, puis multipliez ce taux par 1,25 pour une heure majorée à 25 % ou par 1,5 pour une heure majorée à 50 %. Le chiffre de 151,67 correspond à 35 heures par semaine sur 52 semaines, ramenées à un mois.

    Le salaire de référence comprend le salaire de base, les avantages en nature et les primes versées en contrepartie directe du travail, comme les commissions ou une prime d'objectifs. Selon le Code du travail numérique, les primes de panier, l'intéressement, la participation, les primes d'astreinte et les remboursements de frais en sont exclus. Avec le SMIC à 12,31 € brut de l'heure depuis le 1er juin 2026, une heure supplémentaire majorée à 25 % vaut 15,39 € brut.

    Salaire mensuel brut pour 35 heuresTaux horaire brutHeure à 25 % (brut)Heure à 50 % (brut)Heure à 25 % (net perçu)
    SMIC (1 867,02 €)12,31 €15,39 €18,47 €13,92 €
    2 500 €16,48 €20,60 €24,72 €18,64 €
    3 500 €23,08 €28,85 €34,61 €26,10 €

    Calcul Opco Direct. Le net perçu tient compte de la réduction de cotisations salariales de 11,31 % : il ne reste à payer que la CSG et la CRDS (9,70 % sur 98,25 % du brut). Sans cette réduction, une heure à 25 % au SMIC rapporterait 12,18 € net.

    Pour une semaine de 45 heures au SMIC, le salarié accomplit 10 heures supplémentaires : les 8 premières à 15,39 €, soit 123,10 €, et les 2 suivantes à 18,47 €, soit 36,93 €, pour un total de 160,03 € brut en plus de son salaire de base. Pour un contrat de 39 heures, l'article L. 3121-31 permet de lisser la rémunération sur le mois : les 4 heures supplémentaires hebdomadaires représentent 17,33 heures par mois, soit environ 266,67 € brut au SMIC, comme le détaille notre article sur le montant du SMIC. La revalorisation du SMIC au 1er janvier 2027 augmentera mécaniquement la valeur de ces heures.

    Combien d'heures supplémentaires peut-on faire par an et par semaine ?

    À défaut d'accord, le contingent annuel est de 220 heures par salarié (article D. 3121-24 du Code du travail). Il peut être dépassé, après avis du comité social et économique, mais chaque heure au-delà ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos. Dans tous les cas, les durées maximales de travail restent la limite absolue.

    Le contingent de 220 heures ne s'applique pas aux salariés qui ont signé une convention de forfait annuel en heures, et un accord peut fixer un autre volume, comme le montre le tableau des conventions. Les heures accomplies dans la limite du contingent supposent une simple information du comité social et économique, celles qui le dépassent un avis (article L. 3121-33). Deux catégories d'heures ne s'imputent pas sur le contingent : celles qui sont entièrement compensées par un repos compensateur de remplacement et celles accomplies pour des travaux urgents (article L. 3121-30).

    Les durées maximales fixent la limite réelle : la durée quotidienne ne peut dépasser 10 heures, la durée hebdomadaire 48 heures, et la moyenne sur douze semaines consécutives 44 heures, portée au plus à 46 heures par accord collectif (articles L. 3121-18, L. 3121-20, L. 3121-22 et L. 3121-23). Avec 44 heures par semaine pendant 47 semaines travaillées, un salarié accomplit environ 423 heures supplémentaires dans l'année : c'est, hors dérogations, l'ordre de grandeur maximal que nous retenons dans nos calculs.

    Repos compensateur ou paiement : quelles règles ?

    Le repos compensateur de remplacement remplace tout ou partie du paiement des heures et de leur majoration, une heure à 25 % donnant droit à 1 h 15 de repos. La contrepartie obligatoire en repos, elle, s'ajoute au paiement des heures accomplies au-delà du contingent : 50 % de ces heures dans les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % au-delà.

    Le repos compensateur de remplacement est mis en place par un accord collectif. Dans une entreprise sans délégué syndical, l'employeur peut l'instaurer seul, à condition que le comité social et économique ne s'y oppose pas (article L. 3121-37). La contrepartie obligatoire en repos est organisée par l'accord collectif, qui ne peut pas la fixer sous 50 % ou 100 % des heures selon l'effectif (article L. 3121-33) ; ces mêmes taux s'appliquent à défaut d'accord (article L. 3121-38).

    Les règles de prise de la contrepartie obligatoire figurent aux articles D. 3121-17 à D. 3121-23. Le droit est ouvert dès que le repos acquis atteint 7 heures ; il se prend par journée ou demi-journée, à la convenance du salarié, dans un délai de deux mois. Le salarié présente sa demande au moins une semaine à l'avance, l'employeur répond dans les sept jours et ne peut différer le repos de plus de deux mois. Le repos est payé comme du travail, il n'est jamais perdu faute de demande, et le salarié dont le contrat prend fin reçoit une indemnité correspondant aux droits acquis.

    Les heures supplémentaires sont-elles imposables ?

    Les heures supplémentaires ne sont pas imposables dans la limite de 7 500 € net par an et par salarié. L'article 81 quater du Code général des impôts exonère d'impôt sur le revenu la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires, majorations comprises, « dans une limite annuelle égale à 7 500 € ». La fraction qui dépasse ce plafond est imposable comme un salaire.

    L'article 81 quater du Code général des impôts s'applique dans sa rédaction actuelle aux heures réalisées depuis le 1er janvier 2022. L'exonération porte sur les majorations dans la limite des taux de l'accord collectif ou, à défaut, des taux légaux de 25 % et 50 % (article L. 241-17 du Code de la sécurité sociale). Elle est réservée aux heures accomplies dans le respect des règles légales et ne joue pas lorsque les heures remplacent un autre élément de salaire supprimé depuis moins de douze mois. Elle couvre aussi les heures complémentaires des salariés à temps partiel, la majoration des jours de repos rachetés au forfait jours, et les heures supplémentaires des agents publics. La CSG et la CRDS restent dues.

    Le plafond de 7 500 € s'apprécie sur un montant net, pas sur le brut. L'exemple officiel de déclaration publié par net-entreprises.fr retient 373,28 € net exonéré pour 400 € brut d'heures supplémentaires, ce qui correspond exactement au brut diminué de la part déductible de la CSG (6,8 % sur 98,25 % du brut). Pour un salarié non cadre payé sous le plafond de la Sécurité sociale, les 7 500 € net représentent donc environ 8 037 € brut d'heures supplémentaires dans l'année.

    Les heures exonérées n'entrent pas dans la rémunération nette fiscale sur laquelle votre employeur applique le prélèvement à la source : elles sont déclarées à part et figurent sur votre déclaration de revenus préremplie, qu'il faut vérifier. Elles sont en revanche ajoutées au revenu fiscal de référence, ce qui peut réduire certaines aides. L'impôt évité dépend de votre tranche marginale d'imposition, que vous pouvez situer avec notre article sur le barème de l'impôt sur le revenu.

    Plafond de 15 000 € en 2027 : où en est l'amendement ?

    Les députés ont adopté le 15 octobre 2026, en première lecture du projet de loi de finances pour 2027, l'amendement n° I-2211 qui porte le plafond d'exonération de 7 500 € à 15 000 € pour les rémunérations perçues à compter du 1er janvier 2027. Le Gouvernement y était défavorable, et la mesure doit encore survivre à la suite de la procédure budgétaire.

    Le projet de loi déposé le 1er octobre 2026 ne modifiait pas l'article 81 quater. L'amendement n° I-2211, déposé par le député Gérault Verny (Union des droites pour la République), prévoit qu'« à la fin du I de l'article 81 quater du code général des impôts, le montant : « 7 500 € » est remplacé par le montant : « 15 000 € » ». Il a été adopté par 64 voix contre 50, avec 12 abstentions. Juste avant, l'amendement n° I-3649 du groupe Ensemble pour la République, qui supprimait tout plafond, avait été rejeté par 18 voix contre 48. Selon le compte rendu de la séance, le ministre David Amiel a émis un avis défavorable, en estimant qu'aller au-delà du plafond actuel, « compte tenu de la situation des finances publiques, serait déraisonnable ».

    La rédaction retenue a une conséquence pratique. L'amendement vise les rémunérations « perçues à compter du 1er janvier 2027 », et non les heures réalisées à partir de cette date comme le proposait l'amendement rejeté : des heures accomplies en décembre 2026 mais payées en janvier 2027 entreraient donc dans le plafond de 15 000 €. Le lendemain, les députés ont aussi adopté par 44 voix contre 43 l'amendement n° I-356, qui retire les heures supplémentaires exonérées du revenu fiscal de référence, sous un seuil de revenu fixé par décret.

    1. 15 octobre 2026

      Plafond de 15 000 € adopté en séance

      Amendement n° I-2211 adopté par 64 voix contre 50 ; la suppression du plafond est rejetée.

    2. 16 octobre 2026

      Revenu fiscal de référence

      Amendement n° I-356 adopté par 44 voix contre 43.

    3. 20 octobre 2026En ce moment

      Vote solennel sur la première partie du budget

      Prévu après les questions au Gouvernement ; un rejet ferait tomber les amendements adoptés.

    4. 17 novembre 2026À venir

      Vote sur l'ensemble du projet à l'Assemblée

      Fin de la première lecture, puis examen par le Sénat.

    5. Avant fin décembre 2026À venir

      Adoption définitive et promulgation

      Le Parlement dispose de 70 jours, jusqu'au 17 décembre 2026, pour se prononcer.

    La mesure reste provisoire : au matin du 20 octobre 2026, l'Assemblée doit encore voter l'ensemble de la première partie du budget, puis le Sénat examinera le texte et pourra supprimer ou modifier la mesure. Le Gouvernement peut aussi engager sa responsabilité avec l'article 49.3 de la Constitution et ne retenir qu'une partie des amendements. Tant que la loi de finances pour 2027 n'est pas promulguée, le plafond de 7 500 € reste la seule règle applicable.

    Combien rapporte le relèvement du plafond selon votre salaire ?

    Pour la majorité des salariés, le relèvement ne changerait rien. Au contingent légal de 220 heures, le plafond de 7 500 € n'est atteint qu'à partir d'un salaire d'environ 4 430 € brut par mois, et un salarié au SMIC ne l'atteint jamais, même à 44 heures par semaine. Le passage à 15 000 € profite surtout aux salariés qui cumulent beaucoup d'heures et un salaire au-dessus de 2 250 € brut.

    Nous avons calculé, pour trois niveaux de salaire, ce que rapportent les heures supplémentaires sur un an et ce que changerait le nouveau plafond. Les hypothèses sont celles d'un salarié non cadre, avec des heures majorées à 25 %, et pour le volume maximal, 47 semaines de 44 heures, soit 376 heures à 25 % et 47 heures à 50 %.

    Salaire mensuel brut (35 h)Heures supplémentaires par anBrut des heuresNet perçuMontant net exonéréPart imposable avec le plafond de 7 500 €Impôt évité avec 15 000 € (tranche à 11 % / 30 %)
    SMIC220 h3 385 €3 063 €3 159 €0 €0 €
    SMIC423 h6 654 €6 019 €6 209 €0 €0 €
    2 500 €220 h4 533 €4 101 €4 230 €0 €0 €
    2 500 €423 h8 909 €8 060 €8 314 €814 €90 € / 244 €
    3 500 €220 h6 346 €5 741 €5 922 €0 €0 €
    3 500 €423 h12 473 €11 284 €11 639 €4 139 €455 € / 1 242 €

    Calcul Opco Direct à partir des taux de cotisations de 2026. Le montant net exonéré est un peu supérieur au net perçu, car la part non déductible de la CSG et la CRDS n'en sont pas retirées. Au-delà du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026), le taux de la réduction de cotisations est un peu plus faible, ce qui surestime légèrement le net à 3 500 € et 423 heures.

    Le tableau montre que la réduction de cotisations pèse souvent plus que l'exonération d'impôt dans le gain du salarié : pour 220 heures, elle représente 383 € au SMIC, 513 € à 2 500 € et 718 € à 3 500 €. Le plafond de 15 000 €, qui correspond à environ 16 074 € brut d'heures supplémentaires, ne serait entièrement utilisé, au volume maximal d'heures, qu'à partir d'un salaire d'environ 4 510 € brut par mois.

    Trouvez la formation qu'il vous faut

    Diagnostic personnalisé gratuit — identifiez vos financements en quelques clics.

    Lancer mon diagnostic

    Comment fonctionne la réduction de cotisations salariales de 11,31 % ?

    La réduction de cotisations salariales porte sur la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires, majorations comprises. Son taux est égal à la somme des taux de cotisations d'assurance vieillesse à la charge du salarié, dans la limite de 11,31 % (article D. 241-21 du Code de la sécurité sociale). L'employeur l'applique directement sur la fiche de paie.

    Pour un salarié payé sous le plafond de la Sécurité sociale, ce taux additionne la vieillesse plafonnée (6,90 %), la vieillesse déplafonnée (0,40 %), la retraite complémentaire Agirc-Arrco (3,15 %) et la contribution d'équilibre général (0,86 %), selon les taux publiés par Service-public, ce qui donne exactement 11,31 %. Une heure à 25 % payée 15,39 € au SMIC rapporte ainsi 1,74 € de plus en net. Au-delà du plafond de 4 005 € par mois, la part du salaire concernée supporte d'autres taux de retraite complémentaire, et la réduction peut être un peu inférieure.

    La réduction ne s'applique pas si les heures supplémentaires remplacent un autre élément de salaire, sauf si douze mois se sont écoulés entre le dernier versement de l'élément supprimé et le premier versement des heures (article L. 241-17). Elle ne peut pas dépasser les cotisations salariales dues sur l'ensemble de la rémunération versée.

    Combien coûte une heure supplémentaire à l'employeur ?

    L'employeur paie le salaire majoré et ses cotisations patronales habituelles, diminués d'une déduction forfaitaire de 1,50 € par heure dans les entreprises de moins de 20 salariés et de 0,50 € dans celles d'au moins 20 salariés. Au-delà du contingent, il doit en outre accorder une contrepartie obligatoire en repos payée, qui alourdit le coût de l'heure de 50 % ou 100 % du taux horaire.

    Jusqu'au 31 décembre 2025, la déduction de 0,50 € était réservée aux entreprises de 20 à 249 salariés. L'article 21 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a supprimé ce plafond : l'article L. 241-18-1 du Code de la sécurité sociale vise désormais toutes les entreprises « dont l'effectif comprend au moins vingt salariés », pour les périodes d'emploi depuis le 1er janvier 2026. Les montants sont fixés par l'article D. 241-24.

    Effectif de l'entrepriseDéduction par heure supplémentaireDéduction par jour de repos racheté au forfait joursContrepartie obligatoire au-delà du contingentCoût brut d'une heure à 25 % au SMIC au-delà du contingent
    Moins de 20 salariés1,50 €10,50 €50 %21,54 €
    20 salariés0,50 €3,50 €50 %21,54 €
    21 à 249 salariés0,50 €3,50 €100 %27,70 €
    250 salariés et plus0,50 € depuis le 1er janvier 20263,50 €100 %27,70 €

    Calcul Opco Direct. Dans la limite du contingent, l'heure à 25 % coûte 15,39 € brut au SMIC quelle que soit la taille de l'entreprise. Les cotisations patronales s'ajoutent à ces montants.

    Les deux seuils ne coïncident pas : la déduction de 1,50 € s'arrête à 19 salariés, alors que la contrepartie réduite à 50 % vaut jusqu'à 20 salariés inclus. La déduction est soumise à trois conditions : l'entreprise respecte les règles sur la durée du travail, tient à la disposition des contrôleurs un décompte des heures effectuées et reste sous le plafond européen des aides de minimis ; elle ne s'applique pas aux heures complémentaires des salariés à temps partiel. Pour la réduction générale dégressive unique, le SMIC de référence est augmenté du nombre d'heures supplémentaires, « sans prise en compte des majorations » (article L. 241-13) : seule la majoration réduit donc légèrement le coefficient de cet allègement, qui continue de s'appliquer à toute la rémunération, heures supplémentaires comprises. Notre article sur les charges patronales détaille ce calcul.

    Cadre, forfait jours, temps partiel : quelle règle s'applique ?

    La règle dépend de votre contrat : un cadre au forfait jours et un cadre dirigeant n'ont pas d'heures supplémentaires, un salarié à temps partiel accomplit des heures complémentaires, et un forfait en heures inclut ses heures supplémentaires dans la rémunération convenue.

    Votre situationCe qui s'applique
    Temps plein, sans accord sur les heures supplémentaires25 % de la 36e à la 43e heure, 50 % ensuite, contingent de 220 heures
    Accord d'entreprise ou convention de brancheTaux et contingent de l'accord, au moins 10 % ; l'accord d'entreprise passe avant la branche
    Contrat de 39 heures4 heures supplémentaires structurelles par semaine, soit 17,33 heures majorées par mois
    Temps de travail aménagé sur l'annéeHeures supplémentaires au-delà de 1 607 heures, décomptées en fin de période
    Forfait en heures sur la semaine, le mois ou l'annéeRémunération au moins égale au minimum applicable, majorée pour les heures du forfait au-delà de 35 heures ; pas de contingent de 220 heures pour le forfait annuel
    Cadre au forfait joursPas d'heures supplémentaires ; rachat de jours de repos avec une majoration d'au moins 10 %
    Cadre dirigeantNi heures supplémentaires ni règles de durée du travail (article L. 3111-2)
    Salarié à temps partielHeures complémentaires majorées de 10 % puis 25 %, dans la limite du dixième ou du tiers de la durée prévue
    Agent publicMême exonération d'impôt et même réduction de cotisations, avec les règles de rémunération propres à la fonction publique

    Heures complémentaires à temps partiel

    Le salarié à temps partiel qui travaille au-delà de la durée prévue par son contrat accomplit des heures complémentaires, pas des heures supplémentaires. Elles sont limitées au dixième de la durée contractuelle, ou au tiers par accord collectif, et ne peuvent jamais porter la durée du travail au niveau de la durée légale (articles L. 3123-9, L. 3123-20 et L. 3123-28). Chacune est majorée : à défaut d'accord de branche étendu, 10 % dans la limite du dixième et 25 % entre le dixième et le tiers (article L. 3123-29), et un accord de branche ne peut descendre sous 10 %. Pour un contrat de 30 heures, le salarié peut ainsi faire 3 heures complémentaires par semaine, majorées de 10 %. Ces heures bénéficient de l'exonération d'impôt et de la réduction de cotisations salariales, mais pas de la déduction patronale. Le salarié peut refuser des heures complémentaires annoncées moins de trois jours à l'avance ou dépassant les limites de son contrat, sans que ce refus soit une faute.

    Forfait jours et rachat de jours de repos

    Un cadre au forfait jours, dans la limite de 218 jours par an, n'est pas concerné par les heures supplémentaires. Il peut en revanche renoncer à une partie de ses jours de repos en accord avec son employeur, par un avenant écrit valable pour l'année, qui fixe une majoration d'au moins 10 % (article L. 3121-59). La rémunération des jours travaillés au-delà de 218 jours bénéficie de l'exonération d'impôt, de la réduction de cotisations salariales et, pour l'employeur, d'une déduction de sept fois le montant horaire, soit 10,50 € ou 3,50 € par jour selon l'effectif.

    Peut-on refuser de faire des heures supplémentaires ?

    En principe, le salarié ne peut pas refuser les heures supplémentaires décidées par son employeur. Il peut toutefois les refuser exceptionnellement, sans être sanctionné, lorsqu'il n'a pas été prévenu suffisamment tôt, selon la fiche Service-public vérifiée le 8 juin 2026.

    La demande de l'employeur peut être écrite ou orale ; elle doit respecter le contingent applicable et les durées maximales de travail. Le salarié à temps partiel dispose quant à lui du droit de refus propre aux heures complémentaires, décrit dans la section précédente.

    Heures supplémentaires non payées : comment les réclamer ?

    Le salarié dispose de trois ans pour réclamer le paiement de ses heures supplémentaires (article L. 3245-1 du Code du travail). Il commence par une lettre recommandée avec accusé de réception à son employeur, peut solliciter les représentants du personnel ou l'inspection du travail, puis saisir le conseil de prud'hommes.

    La preuve est partagée entre les deux parties : en cas de litige, l'employeur doit fournir au juge les éléments qui justifient les horaires réellement effectués, et le salarié apporte les siens à l'appui de sa demande (article L. 3171-4) : relevés de pointage, courriels, agendas ou décompte tenu au jour le jour. Le Code du travail numérique propose un modèle de lettre de réclamation des heures supplémentaires. La fiche de paie doit mentionner la rémunération et le taux de majoration des heures supplémentaires, et les heures sont payées à la même date que le salaire ; lorsqu'une semaine chevauche deux mois, leur paiement est reporté sur le bulletin suivant.

    Qu'est-ce qui change pour les heures supplémentaires en 2027 ?

    Les taux de majoration, le contingent et les repos ne changent pas au 1er janvier 2027 : les évolutions possibles relèvent du budget. Si la loi de finances pour 2027 reprend l'amendement n° I-2211, le plafond d'exonération d'impôt passera à 15 000 € pour les heures payées à partir de janvier 2027, et l'amendement n° I-356 pourrait exclure les heures supplémentaires du revenu fiscal de référence. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, dont le vote solennel à l'Assemblée est prévu le 27 octobre 2026, propose par ailleurs dans son article 7 de rendre permanent le rachat des jours de repos, aujourd'hui limité aux jours acquis jusqu'au 31 décembre 2026, avec une déduction patronale calculée aussi par demi-journée.

    Côté employeur, il faudra paramétrer la paie de janvier 2027 avec le nouveau SMIC, vérifier l'effectif qui fixe le montant de la déduction forfaitaire et suivre le cumul annuel de chaque salarié par rapport au plafond retenu par la loi. Côté salarié, vérifiez sur votre bulletin que le taux de majoration correspond à votre accord collectif, puis, au printemps 2027, que le montant prérempli sur votre déclaration de revenus correspond à vos heures de 2026. Nous mettrons cet article à jour après le vote solennel du 20 octobre, puis à chaque étape du budget jusqu'à sa promulgation.

    Sources officielles

    Vérifiées le 20 octobre 2026

    Retrouvez nos articles en priorité dans vos résultats Google.

    Ajouter comme source préférée sur Google

    Résumer cet article avec l'IA

    Ouvre l'assistant avec le prompt pré-rempli

    Questions fréquentes

    Les heures supplémentaires sont-elles soumises au prélèvement à la source ?

    Non, tant qu'elles restent sous le plafond d'exonération. Le montant net des heures supplémentaires exonérées n'entre pas dans la rémunération nette fiscale sur laquelle l'employeur applique le taux de prélèvement : il est déclaré à part dans la DSN, puis reporté sur votre déclaration de revenus préremplie. Seule la fraction qui dépasse 7 500 € par an, ou la rémunération d'heures qui ne respectent pas les règles légales, est imposable et prélevée.

    Les heures supplémentaires comptent-elles dans le revenu fiscal de référence ?

    Oui. Même exonérées d'impôt, elles sont ajoutées au revenu fiscal de référence défini à l'article 1417 du Code général des impôts, qui conditionne de nombreuses aides et tarifs sociaux. L'amendement n° I-356, adopté par l'Assemblée le 16 octobre 2026 par 44 voix contre 43, les en retirerait dès l'imposition des revenus de 2025, sous un seuil de revenu fixé par décret, s'il figure dans la loi de finances promulguée.

    Un jour férié dans la semaine réduit-il les heures supplémentaires ?

    Oui, sauf convention collective ou usage plus favorable. Les heures non travaillées en raison d'un jour férié ne comptent pas comme du travail effectif pour le décompte. Un salarié qui travaille 8 heures les quatre autres jours d'une semaine comprenant un jour férié chômé est payé 39 heures, mais les 4 heures au-delà de 35 heures sont rémunérées au taux normal, sans majoration. L'employeur peut toutefois choisir de les majorer.

    Quelle différence entre heures supplémentaires structurelles et aléatoires ?

    Les heures structurelles sont prévues par le contrat, comme dans un contrat de 39 heures : elles sont payées chaque mois sur la base de 52 semaines divisées par 12, soit 17,33 heures majorées. Les heures aléatoires sont demandées ponctuellement selon l'activité et payées avec le salaire du mois. Les deux bénéficient des mêmes majorations et exonérations ; elles sont seulement déclarées sous des codes différents dans la DSN.

    Le salarié peut-il choisir entre le paiement et la récupération de ses heures ?

    Non. Le remplacement du paiement par un repos compensateur est décidé par un accord collectif ou, dans une entreprise sans délégué syndical, par l'employeur si le comité social et économique ne s'y oppose pas. Le salarié choisit en revanche la date de sa contrepartie obligatoire en repos, par journée ou demi-journée, dès qu'il a acquis 7 heures, et l'employeur ne peut la reporter de plus de deux mois.

    Les fonctionnaires bénéficient-ils de la défiscalisation des heures supplémentaires ?

    Oui. L'article 81 quater du Code général des impôts vise aussi les heures supplémentaires et le temps de travail additionnel des agents publics, mentionnés au III de l'article L. 241-17 du Code de la sécurité sociale. Ils bénéficient du même plafond annuel de 7 500 €, qui passerait à 15 000 € si l'amendement voté en octobre 2026 est confirmé, et de la réduction de cotisations salariales.

    Prêt à financer votre formation ?

    Faites votre diagnostic gratuit sur Opco Direct pour découvrir tous les financements disponibles et trouver la formation idéale.

    Lancer mon diagnostic formation
    Nicolas Boulinot

    À propos de l'auteur

    Nicolas Boulinot

    Expert formation professionnelle & financement OPCO

    Spécialiste du financement de la formation en France, Nicolas accompagne les dirigeants et responsables RH dans l'optimisation de leurs dispositifs OPCO, CPF et alternance.

    Voir tous ses articles →

    À lire aussi