Mise à jour le 3 octobre 2026 : données de l'enquête BMO 2026 et liste officielle de l'arrêté du 21 mai 2025.
Les employeurs prévoient près de 2,3 millions de recrutements en 2026, et 43,8 % de ces projets sont jugés difficiles selon l'enquête Besoins en main-d'œuvre 2026 de France Travail. La tension recule par rapport à 2025, mais elle reste très forte dans le bâtiment, la mécanique, le soin et les métiers de bouche, où deux recrutements sur trois posent problème.
Ce guide réunit les deux listes qui comptent : le classement statistique de l'enquête BMO, métier par métier et région par région, et la liste juridique de l'arrêté du 21 mai 2025, qui sert aux autorisations de travail et aux titres de séjour. Les taux par métier ont été calculés à partir de la base open data BMO 2026 publiée par France Travail.
L'essentiel
- En 2026, les employeurs prévoient 2,275 millions de projets de recrutement, dont 43,8 % jugés difficiles (contre 50,1 % en 2025).
- La construction reste le secteur le plus tendu, avec 65 % de recrutements difficiles.
- Les couvreurs (79 %), les médecins (78 %), les chaudronniers (77 %) et les mécaniciens automobiles (72 %) figurent parmi les métiers les plus difficiles à pourvoir.
- La liste officielle est fixée par l'arrêté du 21 mai 2025, région par région ; elle remplace la liste de 2021.
- La régularisation par le travail dans un métier en tension (article L. 435-4 du CESEDA) prend fin le 31 décembre 2026, sauf prolongation.
Qu'est-ce qu'un métier en tension ?
Un métier en tension est un métier dans lequel les entreprises n'arrivent pas à recruter autant qu'elles le souhaitent, faute de candidats disponibles ou suffisamment qualifiés. En France, la tension se mesure chaque année par le taux de difficulté de l'enquête BMO de France Travail, et elle a une traduction juridique : la liste régionale de l'arrêté du 21 mai 2025.
Ces deux références ne répondent pas à la même question. L'enquête BMO interroge chaque automne les employeurs (2,2 millions d'établissements entrent dans son champ) sur leurs projets d'embauche de l'année suivante et leur demande si chaque recrutement leur paraît difficile. Le taux de difficulté d'un métier correspond donc à la part des projets que les employeurs eux-mêmes jugent compliqués à mener. C'est l'indicateur le plus cité, celui que reprennent les régions, les branches et les OPCO pour orienter leurs financements.
L'arrêté du 21 mai 2025 a une autre fonction. Pris en application de l'article L. 414-13 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), il dresse pour chaque région la liste des métiers pour lesquels un employeur peut recruter un salarié étranger sans que la situation de l'emploi lui soit opposée. Cette liste sert aussi de base à la régularisation des travailleurs sans papiers. Un métier peut donc être très tendu dans l'enquête BMO sans figurer dans l'arrêté, et inversement.
Les métiers les plus en tension en 2026
Le tableau ci-dessous classe les métiers selon leur taux de difficulté de recrutement dans l'enquête BMO 2026, en ne retenant que ceux qui comptent au moins 3 000 projets d'embauche à l'échelle nationale. Il fait apparaître un profil très net : des métiers techniques et qualifiés, souvent manuels, accessibles par un CAP, un bac professionnel ou un BTS.
| Rang | Métier (nomenclature BMO) | Difficulté 2026 | Projets 2026 |
|---|---|---|---|
| 1 | Ouvriers qualifiés de l'usinage | 80 % | 5 100 |
| 2 | Couvreurs | 79 % | 8 900 |
| 3 | Médecins | 78 % | 8 500 |
| 4 | Carrossiers automobiles | 78 % | 5 600 |
| 5 | Chaudronniers et tôliers | 77 % | 4 900 |
| 6 | Charpentiers (métal et bois) | 74 % | 6 100 |
| 7 | Mécaniciens de véhicules | 72 % | 19 500 |
| 8 | Chefs cuisiniers | 72 % | 7 400 |
| 9 | Bouchers | 72 % | 5 900 |
| 10 | Techniciens de maintenance industrielle | 72 % | 3 500 |
| 11 | Conducteurs de travaux et chefs de chantier (non cadres) | 71 % | 6 900 |
| 12 | Maçons qualifiés | 70 % | 14 600 |
| 13 | Menuisiers et agenceurs du BTP | 70 % | 9 000 |
| 14 | Soudeurs | 69 % | 4 700 |
| 15 | Plombiers chauffagistes | 67 % | 10 900 |
| 16 | Coiffeurs et esthéticiens | 67 % | 14 600 |
| 17 | Aides à domicile et auxiliaires de vie | 62 % | 69 400 |
| 18 | Infirmiers et sages-femmes | 60 % | 36 500 |
| 19 | Formateurs | 59 % | 15 500 |
| 20 | Aides-soignants | 57 % | 62 000 |
Calcul Opco Direct d'après la base open data BMO 2026 de France Travail. Les effectifs couverts par le secret statistique ne sont pas diffusés, ce qui peut faire varier les taux d'un point environ.
Deux métiers à faible effectif dépassent ces niveaux : les géomètres (84 % de recrutements difficiles) et les techniciens du froid et de la climatisation (81 %), dont les compétences sont recherchées par toute la filière des pompes à chaleur. À l'inverse, certains métiers qui recrutent massivement sont peu tendus : les serveurs (42 %), les aides de cuisine (36 %) ou les viticulteurs et arboriculteurs (33 %), où l'emploi saisonnier domine.
Liste des métiers en tension par secteur
Les fourchettes de salaire indiquées dans les tableaux sont des ordres de grandeur bruts annuels. Elles varient selon la région, la convention collective, la taille de l'entreprise et l'expérience ; la grille de votre branche reste la référence pour un premier salaire.
BTP et construction : le secteur le plus tendu
Avec 65 % de recrutements difficiles, la construction arrive en tête des secteurs dans l'enquête BMO 2026. La pénurie concerne aussi bien les ouvriers qualifiés que l'encadrement de chantier, et elle touche toutes les régions, y compris celles où la tension globale est plus faible.
| Métier | Difficulté 2026 | Projets 2026 | Salaire salarié | Formation |
|---|---|---|---|---|
| Couvreur | 79 % | 8 900 | 27 000–38 000 € | CAP Couvreur (2 ans) |
| Charpentier | 74 % | 6 100 | 26 000–38 000 € | CAP Charpentier bois (2 ans) |
| Chef de chantier | 71 % | 6 900 | 38 000–55 000 € | BTS Bâtiment ou expérience |
| Maçon | 70 % | 14 600 | 25 000–36 000 € | CAP Maçon (2 ans) |
| Menuisier | 70 % | 9 000 | 26 000–38 000 € | CAP Menuisier (2 ans) |
| Plombier-chauffagiste | 67 % | 10 900 | 27 000–40 000 € | CAP Monteur en installations sanitaires |
| Carreleur | 65 % | 6 900 | 25 000–36 000 € | CAP Carreleur mosaïste (2 ans) |
| Électricien du bâtiment | 62 % | 10 800 | 25 000–38 000 € | CAP Électricien (2 ans) |
| Conducteur de travaux | 62 % | 6 500 | 45 000–65 000 € | BTS, licence pro ou ingénieur |
| Conducteur d'engins de chantier | 58 % | 6 200 | 27 000–38 000 € | Titre pro + CACES |
| Peintre en bâtiment | 55 % | 7 300 | 23 000–33 000 € | CAP Peintre applicateur de revêtements |
| Géomètre-topographe | 84 % | 460 | 30 000–48 000 € | BTS Géomètre-topographe |
Les maçons, les peintres et les ouvriers du second œuvre figurent aussi dans la quasi-totalité des listes régionales de l'arrêté du 21 mai 2025. Côté financement, l'OPCO Constructys prend en charge l'apprentissage et les formations des salariés du secteur ; notre guide de l'OPCO du BTP détaille ses dispositifs.
Santé, médico-social et aide à la personne
Le secteur santé, action sociale et services à la personne concentre le plus grand nombre de projets de recrutement en 2026, avec environ 322 000 embauches prévues dont 54 % jugées difficiles. La revalorisation du Ségur de la santé (183 € nets par mois pour les personnels concernés) n'a pas suffi à combler l'écart entre les besoins et les candidats.
| Métier | Difficulté 2026 | Projets 2026 | Rémunération | Formation |
|---|---|---|---|---|
| Médecin | 78 % | 8 500 | 70 000–120 000 € | 9 à 11 ans d'études |
| Kinésithérapeute et autres paramédicaux | 67 % | 6 200 | 35 000–65 000 € | 4 à 5 ans d'études |
| Aide à domicile, auxiliaire de vie | 62 % | 69 400 | 19 000–24 000 € | Titre pro ADVF |
| Infirmier et sage-femme | 60 % | 36 500 | 27 000–40 000 € | Diplôme d'État (3 à 5 ans) |
| Accompagnant éducatif et social | 59 % | 7 900 | 21 000–27 000 € | DEAES (1 an) |
| Technicien de laboratoire, préparateur | 58 % | 7 200 | 25 000–35 000 € | BTS ou BUT (2 à 3 ans) |
| Aide-soignant | 57 % | 62 000 | 22 000–28 000 € | DEAS (1 an) |
| Éducateur spécialisé | 51 % | 23 900 | 24 000–32 000 € | Diplôme d'État (3 ans) |
Pour une reconversion, les métiers d'aide à domicile et d'aide-soignant restent les plus accessibles : aucune condition de diplôme pour entrer en formation, un cursus de six mois à un an et des financements fréquents de France Travail ou de la Région. Les aides à domicile apparaissent dans toutes les listes régionales de l'arrêté de 2025.
Hôtellerie, restauration et métiers de bouche
L'hôtellerie-restauration prévoit environ 319 000 recrutements en 2026, avec 44 % de difficultés. La moyenne masque deux réalités : les postes peu qualifiés et saisonniers se pourvoient plutôt bien, alors que les professionnels confirmés de la cuisine et des métiers de bouche manquent partout.
| Métier | Difficulté 2026 | Projets 2026 | Salaire débutant | Formation |
|---|---|---|---|---|
| Chef cuisinier | 72 % | 7 400 | 26 000–32 000 € | Expérience + BP Arts de la cuisine |
| Boucher | 72 % | 5 900 | 21 000–26 000 € | CAP Boucher (2 ans) |
| Agent de maîtrise de la restauration | 64 % | 3 300 | 24 000–28 000 € | BTS Management en hôtellerie-restauration |
| Cuisinier | 57 % | 51 500 | 22 000–26 000 € | CAP Cuisine (2 ans) |
| Boulanger, pâtissier | 53 % | 14 500 | 21 000–27 000 € | CAP Boulanger ou Pâtissier (2 ans) |
| Employé de l'hôtellerie | 46 % | 49 200 | 21 000–25 000 € | CAP ou titre pro |
| Serveur | 42 % | 93 800 | 20 000–24 000 € | CAP Commercialisation et services en HCR |
Les cuisiniers, les employés de l'hôtellerie et, dans la plupart des régions, les serveurs et les aides de cuisine figurent dans l'arrêté du 21 mai 2025, ce qui en fait l'un des premiers secteurs concernés par le recrutement de salariés étrangers.
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Industrie, mécanique et maintenance
L'industrie prévoit environ 211 000 recrutements en 2026, avec 48 % de difficultés. Les métiers de la métallurgie et de la maintenance sont ceux où l'écart entre offre et demande est le plus marqué, et la mécanique automobile s'y ajoute avec près de 19 500 projets pour les seuls mécaniciens.
| Métier | Difficulté 2026 | Projets 2026 | Salaire junior | Formation |
|---|---|---|---|---|
| Technicien frigoriste (froid et climatisation) | 81 % | 2 950 | 27 000–36 000 € | CAP ou BTS Froid + attestation fluides |
| Ouvrier qualifié en usinage | 80 % | 5 100 | 25 000–32 000 € | Bac pro Technicien en réalisation de produits mécaniques |
| Carrossier automobile | 78 % | 5 600 | 22 000–28 000 € | CAP Réparation des carrosseries |
| Chaudronnier, tôlier | 77 % | 4 900 | 25 000–33 000 € | CAP ou bac pro Chaudronnerie |
| Mécanicien automobile | 72 % | 19 500 | 22 000–28 000 € | CAP Maintenance des véhicules |
| Technicien de maintenance industrielle | 72 % | 3 500 | 28 000–34 000 € | BTS Maintenance des systèmes |
| Technicien en électricité et électronique | 71 % | 3 100 | 27 000–35 000 € | BTS Électrotechnique |
| Soudeur | 69 % | 4 700 | 26 000–34 000 € | CAP ou titre pro Soudeur |
| Ouvrier de maintenance | 68 % | 14 200 | 23 000–30 000 € | CAP ou bac pro MSPC |
Les soudeurs, les ouvriers de l'usinage et les régleurs reviennent dans de nombreuses listes régionales, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bretagne, en Pays de la Loire et en Centre-Val de Loire. Pour les entreprises du secteur, le financement des formations passe par l'OPCO 2i, celui des garages et des carrossiers par l'OPCO Mobilités.
Transport et logistique
Le transport est moins tendu que ne le laisse penser son image de secteur en pénurie : les conducteurs routiers affichent 54 % de recrutements difficiles en 2026, au-dessus de la moyenne nationale mais loin du bâtiment. Ce sont les conducteurs de bus et de cars qui manquent le plus.
| Métier | Difficulté 2026 | Projets 2026 | Salaire | Permis / formation |
|---|---|---|---|---|
| Conducteur de bus et de car | 61 % | 12 200 | 25 000–34 000 € | Permis D + FIMO voyageurs |
| Conducteur routier | 54 % | 26 900 | 28 000–38 000 € | Permis C ou CE + FIMO |
| Conducteur de véhicule léger | 52 % | 11 600 | 21 000–26 000 € | Permis B |
| Livreur courte distance | 40 % | 14 900 | 21 000–26 000 € | Permis B |
| Magasinier qualifié | 36 % | 8 300 | 21 000–27 000 € | CAP ou titre pro |
| Cariste | 35 % | 6 100 | 21 000–27 000 € | CACES R489 |
Le permis poids lourd et la FIMO s'obtiennent en quelques mois et sont souvent financés par les entreprises de transport elles-mêmes, via l'OPCO Mobilités ou une préparation opérationnelle à l'emploi avec France Travail. Notre guide de l'OPCO Mobilités présente les prises en charge du secteur.
Numérique et informatique
Le numérique ne manque pas de candidats, mais de profils opérationnels. Les ingénieurs et cadres en études et développement informatique affichent 57 % de recrutements difficiles en 2026, pour plus de 18 000 projets, alors que les techniciens de développement sont proches de la moyenne nationale.
| Profil | Difficulté 2026 | Projets 2026 | Salaire junior | Formation |
|---|---|---|---|---|
| Ingénieur ou cadre en développement informatique | 57 % | 18 100 | 40 000–45 000 € | Bac+5 (école ou master) |
| Technicien support et exploitation informatique | 48 % | 7 700 | 26 000–32 000 € | BTS SIO ou titre pro |
| Expert et consultant en systèmes d'information | 45 % | 4 800 | 40 000–48 000 € | Bac+5 |
| Chef de projet informatique | 45 % | 2 200 | 42 000–50 000 € | Bac+5 ou expérience |
| Technicien d'étude et de développement | 43 % | 9 300 | 30 000–38 000 € | Bac+2 à bac+3, titre pro |
Les ingénieurs en développement informatique figurent dans l'arrêté de plusieurs régions, dont l'Île-de-France, l'Occitanie, les Hauts-de-France et les Pays de la Loire. Notre guide pour devenir développeur web détaille les voies d'accès, du titre professionnel au diplôme d'ingénieur.
Agriculture, pêche et agroalimentaire
L'agriculture recrute beaucoup, avec environ 193 000 projets en 2026, mais la difficulté y est plus faible que la moyenne (39 %), parce qu'une grande partie des embauches est saisonnière. La tension se concentre sur les postes qualifiés et permanents, ainsi que sur la pêche.
| Métier | Difficulté 2026 | Projets 2026 | Rémunération | Formation |
|---|---|---|---|---|
| Technicien du contrôle qualité | 72 % | 2 300 | 28 000–40 000 € | BTS ou BUT |
| Pêcheur, aquaculteur | 59 % | 5 000 | Variable selon la pêche | CAP Matelot |
| Ouvrier qualifié des industries agroalimentaires | 52 % | 11 600 | 22 000–28 000 € | CAP ou bac pro |
| Éleveur salarié | 49 % | 7 000 | 21 000–27 000 € | CAPA ou bac pro CGEA |
| Maraîcher, horticulteur | 49 % | 23 400 | 20 000–28 000 € | CAPA Métiers de l'agriculture |
| Agriculteur salarié | 41 % | 81 900 | 20 000–26 000 € | CAPA ou bac pro |
| Viticulteur, arboriculteur | 33 % | 83 800 | 20 000–26 000 € | CAPA Métiers de l'agriculture |
Ce secteur illustre bien l'écart entre les deux listes : les maraîchers, éleveurs, viticulteurs et agriculteurs salariés figurent dans toutes les listes régionales de l'arrêté de 2025, alors que leur taux de difficulté BMO est inférieur à la moyenne. L'arrêté tient compte des besoins de main-d'œuvre étrangère du secteur, notamment saisonniers, et pas seulement du ressenti des employeurs.
La liste officielle : l'arrêté du 21 mai 2025
La liste officielle des métiers en tension est fixée par l'arrêté du 21 mai 2025 relatif aux métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement, publié au Journal officiel le 22 mai 2025. Son article 1er abroge l'arrêté du 1er avril 2021, que de nombreux sites citent encore. Les listes établies avant mai 2025 ne sont donc plus applicables.
Le texte comporte deux annexes. L'annexe I dresse la liste des métiers par région, selon la nomenclature des familles professionnelles (FAP) ; l'annexe II établit la correspondance avec les codes ROME de France Travail, ce qui permet de vérifier si une offre d'emploi précise relève bien de la liste. Les métiers sont donc désignés par familles (« Ouvriers qualifiés de la peinture et de la finition du bâtiment », « Aides à domicile et aides ménagères ») et non par intitulés de poste.
Dans les listes régionales que nous avons comparées, plusieurs familles reviennent systématiquement : les aides à domicile et aides ménagères, les cuisiniers, les employés de l'hôtellerie, les employés de maison, les agriculteurs, éleveurs, maraîchers et viticulteurs salariés. Les autres familles varient selon le tissu économique : la pêche sur les façades maritimes, la sylviculture en Centre-Val de Loire et en Nouvelle-Aquitaine, l'informatique et l'ingénierie en Île-de-France.
La liste a deux usages concrets. Pour un employeur, elle dispense de démontrer que le poste n'a pu être pourvu localement lorsqu'il demande une autorisation de travail pour un salarié étranger. Pour un travailleur étranger déjà présent en France, elle détermine les emplois qui ouvrent droit à la régularisation de l'article L. 435-4 du CESEDA.
Les métiers en tension par région
Le niveau de tension varie fortement d'une région à l'autre. L'Île-de-France concentre le plus grand nombre de projets mais la part la plus faible de recrutements difficiles, alors que les régions de l'Ouest et la Nouvelle-Aquitaine dépassent 48 %.
| Région | Projets 2026 (environ) | Recrutements difficiles |
|---|---|---|
| Île-de-France | 387 000 | 35 % |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 250 000 | 47 % |
| Nouvelle-Aquitaine | 245 000 | 49 % |
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | 214 000 | 38 % |
| Occitanie | 197 000 | 40 % |
| Grand Est | 159 000 | 45 % |
| Pays de la Loire | 152 000 | 49 % |
| Hauts-de-France | 149 000 | 42 % |
| Bretagne | 129 000 | 48 % |
| Normandie | 98 000 | 47 % |
| Bourgogne-Franche-Comté | 83 000 | 46 % |
| Centre-Val de Loire | 79 000 | 42 % |
Calcul Opco Direct d'après la base open data BMO 2026, hors données soumises au secret statistique : les totaux régionaux sont légèrement inférieurs aux chiffres publiés par France Travail.
Île-de-France
La région prévoit environ 387 000 recrutements, dont 35 % jugés difficiles. Les difficultés les plus fortes portent sur les carrossiers automobiles (76 %), les chefs cuisiniers (75 %), les professions paramédicales (75 %), les menuisiers du BTP (74 %) et les médecins (73 %). La liste francilienne de l'arrêté de 2025 est la plus orientée vers les métiers qualifiés : infirmiers, aides-soignants, couvreurs, techniciens en électricité, ingénieurs du bâtiment et ingénieurs informatiques y figurent.
Auvergne-Rhône-Alpes
Avec environ 250 000 projets et 47 % de difficultés, la région combine une forte saisonnalité touristique et une base industrielle importante. Les couvreurs atteignent 89 % de recrutements difficiles, devant les techniciens du contrôle qualité (89 %), les ouvriers de l'usinage (85 %), les chaudronniers (84 %) et les conducteurs de travaux (83 %). L'arrêté y retient notamment les soudeurs, les maçons, les charpentiers métalliques, les bouchers, les chefs cuisiniers et les formateurs.
Nouvelle-Aquitaine
La région affiche l'un des taux de difficulté les plus élevés de métropole, 49 % pour environ 245 000 projets. Les médecins (88 %), les couvreurs (84 %), les infirmiers et sages-femmes (83 %) et les plombiers chauffagistes (83 %) y sont particulièrement recherchés. La liste régionale comprend les aides-soignants, les maçons, les soudeurs, les pêcheurs, les bûcherons et sylviculteurs, les formateurs et les animateurs sportifs.
Occitanie
L'Occitanie prévoit environ 197 000 recrutements, avec 40 % de difficultés. Les médecins (80 %), les ouvriers de maintenance (77 %), les mécaniciens automobiles (77 %), les formateurs (70 %) et les aides à domicile (64 %) arrivent en tête. L'arrêté régional cite notamment les couvreurs, les maçons, les bouchers, les chefs cuisiniers, les infirmiers, les soudeurs, les serveurs et les ingénieurs informatiques.
Hauts-de-France
Les Hauts-de-France comptent environ 149 000 projets et 42 % de difficultés. Les plombiers chauffagistes (77 %), les mécaniciens automobiles (70 %), les cuisiniers, les agents de sécurité et les formateurs (67 % chacun) sont les plus difficiles à recruter. La liste régionale inclut les infirmiers, les aides-soignants, les maçons, les chefs cuisiniers, les chercheurs et plusieurs familles d'ingénieurs informatiques et télécoms.
Grand Est
Le Grand Est prévoit environ 159 000 recrutements, dont 45 % difficiles, avec un poids important de la viticulture (près de 20 600 projets). Les difficultés les plus marquées concernent les mécaniciens automobiles et les maçons (80 %), les aides à domicile (78 %), les ouvriers de façade et d'isolation (74 %) et les cuisiniers (70 %).
Pays de la Loire
Avec 49 % de recrutements difficiles pour environ 152 000 projets, les Pays de la Loire figurent parmi les régions les plus tendues. Les maçons atteignent 86 %, devant les conducteurs de cars (77 %), les coiffeurs et esthéticiens (76 %) et les mécaniciens automobiles (73 %). L'arrêté y retient notamment les maçons, les soudeurs, les pêcheurs, les techniciens en électricité, les chercheurs et les ouvriers de l'assainissement et du traitement des déchets.
Bretagne
La Bretagne prévoit environ 129 000 recrutements, dont 48 % difficiles. Les couvreurs (90 %) et les maçons (87 %) y sont les métiers les plus tendus, suivis des mécaniciens automobiles, des pêcheurs et aquaculteurs et des ouvriers de maintenance (77 à 79 %). La liste bretonne de l'arrêté met l'accent sur l'agroalimentaire, la pêche, la soudure, la charpente métallique et la maintenance mécanique.
Centre-Val de Loire
La région compte environ 79 000 projets et 42 % de difficultés. Les mécaniciens automobiles (82 %), les cuisiniers (68 %) et les conducteurs routiers (59 %) sont les plus difficiles à recruter. L'arrêté régional retient notamment les bûcherons et sylviculteurs, les charpentiers bois, les bouchers, les soudeurs, les techniciens comptables et les techniciens en électricité.
Autres régions
En Provence-Alpes-Côte d'Azur (38 % de difficultés), ce sont les ingénieurs informatiques (63 %), les chefs cuisiniers (62 %) et les aides à domicile (59 %) qui manquent le plus. En Normandie (47 %), les pêcheurs et aquaculteurs atteignent 84 %, devant les mécaniciens automobiles et les infirmiers. En Bourgogne-Franche-Comté (46 %), les aides à domicile (77 %) et les mécaniciens automobiles (73 %) arrivent en tête. Les chiffres détaillés par bassin d'emploi sont consultables sur le site statistique BMO de France Travail.
Métier en tension et titre de séjour
L'article L. 435-4 du CESEDA, créé par la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, permet à un étranger en situation irrégulière qui travaille dans un métier en tension de demander une carte de séjour temporaire. Il s'agit d'une admission exceptionnelle au séjour : même lorsque les conditions sont réunies, le préfet conserve un pouvoir d'appréciation.
Les conditions sont cumulatives :
- justifier d'au moins trois ans de résidence ininterrompue en France ;
- avoir exercé une activité salariée dans un métier de la liste régionale pendant au moins 12 mois, consécutifs ou non, au cours des 24 derniers mois ;
- occuper un emploi relevant de cette liste à la date de la demande, dans la région concernée ;
- respecter les principes de la République.
La carte délivrée porte la mention « travailleur temporaire » ou « salarié » selon le contrat, pour une durée d'un an. La demande se dépose auprès de la préfecture du lieu de résidence, en ligne via l'ANEF ou par courrier selon les départements, avec les bulletins de paie, l'attestation de l'employeur et les justificatifs de résidence. Le métier exercé doit figurer dans la liste de l'arrêté du 21 mai 2025 pour la région où se situe l'emploi, et non dans une autre région.
Les métiers en tension de la transition écologique
La rénovation énergétique et le déploiement des pompes à chaleur ne forment pas une catégorie à part dans l'enquête BMO, mais les métiers qui les portent figurent parmi les plus tendus. Les techniciens du froid et de la climatisation, qui installent et entretiennent les pompes à chaleur, affichent 81 % de recrutements difficiles. Les couvreurs, sollicités pour les toitures photovoltaïques et l'isolation des combles, sont à 79 %, les ouvriers de façade et d'isolation à 68 % et les électriciens du bâtiment à 62 %.
| Métier | Difficulté 2026 | Lien avec la transition | Formation |
|---|---|---|---|
| Technicien froid et climatisation | 81 % | Pompes à chaleur, climatisation | CAP ou BTS Froid + attestation fluides |
| Couvreur | 79 % | Isolation des toitures, photovoltaïque | CAP Couvreur |
| Ouvrier façade, étanchéité, isolation | 68 % | Isolation thermique par l'extérieur | CAP Étancheur ou titre pro |
| Plombier-chauffagiste | 67 % | Chaudières, PAC, eau chaude solaire | CAP ou bac pro |
| Électricien du bâtiment | 62 % | Photovoltaïque, bornes de recharge | CAP ou bac pro MELEC |
Pour les entreprises qui veulent réaliser des chantiers aidés, ces métiers s'accompagnent souvent d'une qualification RGE ou d'habilitations spécifiques, ce qui renforce encore la valeur des profils formés.
Comment se reconvertir dans un métier en tension
Un métier en tension modifie le rapport de force. Les employeurs acceptent plus volontiers les profils en reconversion, financent une partie de la formation et recrutent parfois avant même l'obtention du diplôme. Encore faut-il choisir un métier compatible avec vos contraintes : horaires, pénibilité physique, mobilité, niveau de salaire acceptable.
La démarche la plus efficace se déroule en trois temps. Commencez par croiser votre région avec les tableaux ci-dessus pour repérer les métiers où la tension est réelle près de chez vous. Choisissez ensuite la certification la plus courte qui ouvre l'accès au métier, souvent un CAP, un titre professionnel du ministère du Travail ou une formation qualifiante reconnue par la branche. Contactez enfin les employeurs pendant la formation : dans les métiers les plus tendus, l'apprentissage, le contrat de professionnalisation ou une préparation opérationnelle à l'emploi permettent d'être recruté avant la certification.
Côté financement, plusieurs voies existent selon votre situation :
- Salarié : le CPF, avec une participation forfaitaire de 150 € par formation depuis le 2 avril 2026, ou le projet de transition professionnelle, qui maintient la rémunération pendant une reconversion longue.
- Demandeur d'emploi : l'aide individuelle à la formation, la POEI ou l'AFPR de France Travail, ou les formations gratuites financées par la Région ; notre guide pour se former gratuitement les détaille.
- Jeune ou adulte en alternance : l'apprentissage et le contrat de professionnalisation, financés par l'OPCO de l'employeur.
Pour identifier l'OPCO dont dépend l'entreprise qui vous recrute, notre outil de recherche donne la réponse à partir du SIRET ou du code APE. Le guide de la reconversion professionnelle récapitule l'ensemble des dispositifs.
Ce qui va changer en 2027
Plusieurs échéances vont modifier la donne au cours des prochains mois. La plus proche concerne la régularisation par le travail, dont la base légale expire à la fin de l'année. Viendront ensuite la nouvelle enquête BMO et, pour les salariés qui se forment avec leur CPF, la hausse annoncée du reste à charge, détaillée dans notre article sur le reste à charge CPF en 2027.
- 22 mai 2025
Nouvelle liste officielle par région
L'arrêté du 21 mai 2025 remplace la liste de 2021 et fixe les métiers en tension région par région.
- 21 avril 2026
Publication de l'enquête BMO 2026
2,275 millions de projets de recrutement, dont 43,8 % jugés difficiles.
- 31 décembre 2026En ce moment
Fin de la régularisation L. 435-4
Sauf prolongation par le Parlement, le titre de séjour « métiers en tension » ne peut plus être demandé sur ce fondement à partir du 1er janvier 2027.
- 2027À venir
Hausse possible du reste à charge CPF
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une participation pouvant atteindre 350 € pour certaines formations financées par le CPF.
- Printemps 2027À venir
Enquête BMO 2027
France Travail publiera les nouveaux taux de difficulté par métier et par région ; cet article sera mis à jour à sa sortie.
À plus long terme, les départs à la retraite dans les métiers techniques et l'essor de la rénovation énergétique devraient maintenir la tension dans le bâtiment, la maintenance et le froid, même si le ralentissement des embauches observé en 2026 se prolonge.
Sources officielles
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Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un métier en tension ?
Un métier en tension est un métier pour lequel les employeurs peinent à recruter, parce que les candidats qualifiés manquent face au nombre de postes à pourvoir. En France, la mesure de référence est le taux de difficulté de l'enquête BMO de France Travail. La notion a aussi une portée juridique : l'arrêté du 21 mai 2025 fixe, région par région, la liste officielle utilisée pour les autorisations de travail des étrangers.
Quelle est la liste officielle des métiers en tension en 2026 ?
La liste officielle en vigueur est celle de l'arrêté du 21 mai 2025, publié au Journal officiel le 22 mai 2025. Il a abrogé l'arrêté du 1er avril 2021 et établit une liste par région. On y retrouve partout les aides à domicile, les cuisiniers, les employés de l'hôtellerie, les maraîchers, les éleveurs et les viticulteurs salariés, complétés selon les régions par des métiers du bâtiment, de l'industrie, de la santé ou de l'informatique.
Quels sont les métiers les plus en tension en 2026 ?
D'après l'enquête BMO 2026 de France Travail, les taux de difficulté les plus élevés concernent les ouvriers qualifiés de l'usinage (80 %), les couvreurs (79 %), les médecins et les carrossiers (78 %), les chaudronniers (77 %), les charpentiers (74 %) et les mécaniciens automobiles (72 %). En volume, les aides à domicile cumulent près de 69 400 projets de recrutement avec 62 % de difficultés.
Les métiers en tension sont-ils les mêmes dans toutes les régions ?
Non. L'arrêté du 21 mai 2025 fixe une liste différente pour chaque région et l'enquête BMO montre des écarts nets : environ 35 % de recrutements difficiles en Île-de-France contre près de 49 % en Nouvelle-Aquitaine et en Pays de la Loire. Le bâtiment et la mécanique automobile sont tendus presque partout, l'informatique surtout en Île-de-France, la pêche en Bretagne et en Normandie.
Peut-on obtenir un titre de séjour avec un métier en tension ?
Oui, jusqu'au 31 décembre 2026. L'article L. 435-4 du CESEDA permet de demander une carte de séjour temporaire d'un an si vous résidez en France depuis au moins trois ans, avez travaillé au moins 12 mois sur les 24 derniers mois dans un métier de la liste régionale et occupez un tel emploi au moment de la demande. Le préfet garde un pouvoir d'appréciation.
Le dispositif métiers en tension s'arrête-t-il en 2027 ?
La régularisation prévue à l'article L. 435-4 du CESEDA est expérimentale et s'applique jusqu'au 31 décembre 2026, sauf prolongation votée par le Parlement. La liste de l'arrêté du 21 mai 2025 reste en revanche en vigueur pour les autorisations de travail, et l'enquête BMO 2027 de France Travail est attendue au printemps 2027.
Comment financer une formation vers un métier en tension ?
Les salariés peuvent mobiliser leur CPF (avec une participation de 150 € depuis le 2 avril 2026), un projet de transition professionnelle ou le plan de développement des compétences de leur employeur. Les demandeurs d'emploi passent par France Travail (AIF, POEI, AFPR) ou les formations financées par la Région. L'apprentissage et le contrat de professionnalisation restent la voie la plus directe vers les métiers du bâtiment, de l'industrie et de la restauration.
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